Samuel Dixneuf

Hérissé au sol

In invité(e)s, vasescommunicants on 2 décembre 2011 at 01:00

Un craquement se propage, dans la caisse-clairière de résonance, avant que le tronc ne bascule ; voilà l’effondrement, étouffé par la souplesse des branches qui ploient en s’abattant mollement sur l’humus. L’hérissé, au sol, est devenu autre.

Conifère déchu,  Hérissé au sol est une direction dégagée dans la brume, qu’on enjambe avec précaution, qu’on suivra difficilement.

Il contient des possibilités : Hérissé au sol porte en lui des cercueils et des échiquiers, des pages et des étagères, des escaliers, des pipes et peut-être des pieds de lit.

On aimerait le voir rampant, on lui souhaiterait de la souplesse, de pouvoir s’entortiller dans les feuilles avant de transporter ses pipes et ses cercueils, en ondulant, vers une autre clairière, en traçant parmi les autres arbres, debout ceux-là, de larges fossés, comme à coups de peigne-branches derrière les oreilles des souches ; mais les tronçonneuses démarrent, déjà, et la forêt ne sera pas recoiffée.

                                                           Photo: SD

Vases communicants, cuvée 12 (déjà!) et ce texte de François Bonneau. Mon texte, chez lui, c’est ici

Publicités
  1. il s’était levé bonne heure, bonheur, et machinalement il se coucha

  2. Dans la forêt, le hérisson entendait le bruit des scieurs de long : il se hâta vers la route nationale.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :