Samuel Dixneuf

Archive for the ‘exhumations’ Category

L’échappée belle

In exhumations on 24 février 2011 at 16:46

Des troupeaux de vaches sauvages survolent les prairies radioactives
Nous traversons l’éther à 535 km/h
Légèrement troublés par la fluorescence de l’herbe épaisse
Un homme hurle Allah akbar dans le wagon bar
En commandant des fioles de Whisky
Le ciel opaque et figé
Semble vouloir étouffer ce qui reste d’espace
Des routes désertes mènent à des villages délaissés
De rares arbres tortueux forment une haie d’honneur
Au loin les forêts encore denses
Protègent un lourd secret.
Des troupeaux de vaches sauvages survolent les prairies radioactives
Nous traversons l’éther à 535 km/h
Légèrement troublés par la fluorescence de l’herbe épaisse
Un homme cherche à se faire avaler par son téléphone
Dont la lueur pâle creuse ses traits fatigués
Une femme s’est affalée
Quelques cheveux virevoltent dans l’air conditionné
Nous traversons l’éther
Des centaines d’yeux vitreux cherchent l’échappée belle.

 

Mai 2009

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There were diaries (I)

In exhumations on 6 janvier 2011 at 09:19

Quelques lignes d’un journal -des feuilles éparses en fait- trouvé dans un tiroir (l’époque pourrait correspondre au début des années 2000, mais rien ne l’indique formellement)

 

(…) parmi la foule épaisse qui se renifle, se guette et se toise, et sans le savoir se réconforte et se tient chaud en battant froid (…) de l’encens pour nourrir les anges, de l’égyptien du tibétain, il faut satisfaire tout le monde, (…) poétiser le monde, lui rendre son mystère, comme s’il n’en avait pas assez. Préparation du repas avec D. Les oignons, deux kilos, n’ont pas réussi à me faire pleurer.

Je m’éveille dans un lit étranger. Celui d’une jeune fille (elle n’est pas dedans). (…) Esquisses d’ameublement temporel visant à l’atemporel.

(…) Se réhabituer à être seul, alors qu’on l’a toujours été. (…) Les femmes ont un nombril par delà lequel (sic) elles entrevoient l’homme qu’elle (sic) ne finissent pas de fantasmer (…) comme d’habitude, quelques phrases sur les trop nombreuses valent le coup. (…) N. est jolie de dos.

(…) cette journée s’est écoulée il y a moins de 48 heures et il me faudrait faire un effort soutenu pour me rappeler ne serait-ce qu’une infime partie de son déroulement. Le quotidien est absorbé par l’oubli le plus épais, seul maître du temps, son corollaire. (…)

Larsen

In exhumations on 13 octobre 2010 at 11:55

J’entends des mots, des mots qui ne veulent rien dire, des mots qui sortent d’un dictaphone de marque japonaise, des mots que je ne saisis pas dans leur séquence, des mots désarticulés, des mots pantins, des mots que pourtant je m’acharne à déchiffrer, un par un, dans un bourdonnement insupportable.

 

Octobre 2009

Exhumé d’un projet dont il ne reste que quelques traces : http://mocozet.posterous.com/

Heidegger

In exhumations on 8 octobre 2010 at 11:13

Poursuivre son chemin

Pour suivre un chemin

Poursuis ce chemin

Poursuite du chemin

qui ne mène nulle part

Suis pour ce chemin

Chemin se poursuit

Mince je suis pour

Je poursuis mince

Janvier 2000