Samuel Dixneuf

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Rêvons de science (fiction)

In invité(e)s, vasescommunicants on 6 avril 2012 at 00:01

Ne reprenons pas ici la longue histoire de la collection Mon roman d’aventures publiée par les Editions Ferenczi de 1942 à 1957 (ce qui donne 462 numéros). Ne nous occupons que peu du contenu de ces petits fascicules de 32 pages à l’écriture quasi-microscopique. Ne retenons que quelques couvertures illustrées par R. Houy. Rêvons de science (fiction). Retrouvons une forme de naïveté, recherchons les dimensions profondes de ces images, de cet imaginaire, plongeons dans l’imagination d’une époque certes révolue mais qui partage avec la nôtre encore quelques interrogations…

1. Il fut un temps où l’atome faisait rêver…

Autour d’une grande table rectangulaire sont régulièrement alignées des chaises. Une grille (d’aération?) surmonte la salle. Une jeune femme entre par un sorte de hublot dans une structure métallique aux plaques rivetées. Des hommes aux tenues de cavalier se tiennent dans l’encoignure d’une vaste porte coulissante.

Tout est démesuré: table, structure, porte, hauteur de plafond, attitude des personnages. Antre d’un savant fou?

2. Dominer la nature, s’en rendre maître. Diriger les courants marins même et ce pour se venger ou obtenir une rançon à la hauteur du dérèglement climatique potentiel. Au fond des mers des hommes seuls luttent. Tenues de scaphandriers 100% vintage. Le traître agit toujours par derrière.

3. La Terre qui se révolte contre de petits êtres maléfiques tendance Mars Attacks. Petits ET manipulant d’étranges et inquiétantes machines. L’homme est seul, sanglé sur ce qui semble être une chaise électrique, la tête couverte d’un masque intégral à picots régulièrement alignés semblable à celui des extra-terrestres. Le destin de notre planète se joue dans cette scène,dans cette pièce. La porte aux montants rivetés peut être une issue. L’Humanité est-elle condamnée à la fuite pour survivre? Un rêve, une dynamique dans le titre.

4. Un décor sommaire dans lequel une foule assiste à un événement prodigieux: l’envoi d’un guide pour le passé. Comment reconstruire une civilisation détruire grâce à un être humain venu du futur? Transparence de l’engin. Impression de lévitation. Une cinquantaine d’années avant cette couverture Gustave Le Rouge imaginait d’envoyer un vaisseau vers Mars grâce à la force conjuguée de milliers de fakirs. Brillance. L’avenir éclaire le monde. La science est progrès et le progrès est universel. La science guide. Positivement.

5. Tentacules-racines menaçants. Lueur aveuglante. La vérité et la confrontation créent la peur. Le geste universel du repli. Le premier déjà pris par la force agissante, le second tentant de sauver son compagnon. Le troisième tirant dans le tas. On imagine la faiblesse humaine et la grandeur de cette « créature ». Trois petits singes: être pris, porter secours, menacer. Comment comprendre l’incompréhensible et dire l’indicible?

6. Regarder le plan, lire les instructions alors qu’à quelques encablures se dévoilent les lignes effilées du requin d’acier. Expérimentation, design et sous-marin que l’on devine à l’arrière plan. Où vont tous ces navires? Dureté métallique du dessin en noir et blanc. Raideur militaire.

7. Les hommes exercent un travail pénible. Torses nus sur fond de paysage lunaire. Banquise de feu. L’appareil pneumatique ne vient pas à bout des surfaces lisses. Les hommes se dénudent. Penchés sur leur marteau-piqueur ils tentent de percer le secret de l’univers.

8. L’être des légendes vient bousculer les certitudes scientifiques. Venu du fond des âges, il surgit en pleine nuit et en pleine lumière se dressant entre canot et côte. Double langue: de serpent et de feu. C’est le dragon des mers. Feu et eau. Eléments essentiels. Oxymore naturel. Et le regard qui perce. Seuls les deux yeux artificiels du frêle esquif éclairent la nuit. Créature de légendes opposée à l’électricité. Une science qui abdique.

9. Deux hommes conversent face à la mer. Nous ne sommes pas sur une plage ou à la terrasse d’un établissement élégant mais sous la mer. Les barbus au hublot ont toujours un air de Capitaine Nemo. N’être rien, être tout. Merveilles du merveilleux subaquatique. Esprit didactique. Montrer, voir, faire découvrir, explorer, s’étonner. S’émerveiller de la beauté du monde;

10. La rencontre dans le passé avec de lointains cousins. L’immensité de l’autre et la petitesse de soi. Le risque de l’écrasement sans nulle possibilité d’assistance. Le monstre difforme qui renvoie à la bestialité la plus profonde. L’étrange attirance que l’on ressent face à la violence. Sortir du monde connu, rechercher le dépaysement complet. Autres époques, autres êtres. Mondes perdus dans le grand canevas du temps que le voyageur temporel tente de reconstituer malgré le danger. Le passé peut lui aussi être fabuleux.

Vases communicants, 15e édition. Passage au futur antérieur. Merci Ferocias !

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Transit

In soniques, Uncategorized on 5 avril 2012 at 14:14

Vers les zones aéroportuaires
tu sens -une gène-
palpite, ta jugulaire

Il coule encore
sous l’étouffoir -faut croire-
un peu de vie

Ça se déplace
avec lenteur
des horizons de brume