Samuel Dixneuf

Archive for the ‘carnets’ Category

Linger on

In carnets, soniques on 2 novembre 2013 at 11:38

Tu es réveillé, à peine, encore allongé, la douce chaleur le duvet fatigué, tu es réveillé, à peine, le temps s’arrête pour toi, toi tu arrêtes le temps, la montagne ne partira plus des nuages, tu es réveillé, à peine, la petite fille dessine un drôle de bateau, sa maman lui parle gentiment, tu n’entends pas les paroles, tu es réveillé, à peine, un pâle sourire sur tes lèvres.

Reposé

In carnets, Nocturnes on 4 mai 2013 at 16:36

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Compagnons

In carnets on 28 février 2013 at 00:37

Il est là, ici-même et là-bas. Je le sens, dans ma chair, dans mon sang.

Une démarche franchit la grille, fragile. Un homme : long et lent. Il s’éloigne. Un bâtiment disparaît. Le bâtiment où il passe ses jours, parfois ses nuits, en silence. Le silence qui t’enveloppe, le silence qui t’accompagne, qui te ronge, peut-être. Le silence que personne ne soupçonne, que personne n’interroge, dans le hurlement des machines.

Je vis en lui et il vit en moi.

Tu te demandes bien où elle va le mener, sa démarche fragile. Des questions, t’en reste-t-il ? Elle le mène quelques rues, plus bas. Il pousse une porte, une autre, quelques pas, il effleure, comme toujours, le grain du zinc, n’hésite plus. Quelques pas et il glisse, sur la chaise, sa chaise d’angle, au réchaud. De loin -mais on ne regarde pas- impression que son corps lâche, – – –

et que des vêtements trop amples, un instant, plus tard, s’amoncellent sur le vide qu’il occupe.

Je le vrille, il me sculpte.

Il attend. Une main pose un verre, sèchement, sur la table. Tu ne lèves pas la tête. Tu attends. La main s’éloigne. Les siennes, sombres, longues, décharnées, enveloppent le liquide grenat qui danse doucement sous l’oeil des néons.

Je procède de sa volonté.

Il rencontre le verre, à quelques reprises, brèves, il le vide, sans penser. Tu suis le parcours du liquide qui court. Une étincelle qui t’ébranle tout entier. Il veut répéter la séquence, peut-être.

Je lui suis utile, il n’est rien. Il n’est rien, sans moi.

Tu te concentres. Tu essaies. Il est dans ton ventre, à droite, au creux. Dans cette grande articulation, entre le tronc et les jambes. Il a toujours été là. Une entrave au mouvement, un éteignoir des joies, des élans. Des angoisses. Une lessiveuse des sentiments. Un trou noir, où tu continues de t’éparpiller. Tu l’as découvert, un jour. Tu étais jeune. Tu semblais fort. Encore jeune, encore fort.

Je suis sa jeunesse, sa grandeur et sa fin.

Tu penses. A tous les moments qu’il a marqués plus vifs. Tu penses. Au vide qu’il habite, au temps qu’il défie, à l’avenir, peut-être. Tu trembles. Tu souris. Le verre éclate ses mains sales se strient de rouge.

Je suis sa jeunesse, sa grandeur et sa fin.

Le plus beau morceau. Le plus effilé. Lentement, tu pénètres ton flanc droit.

Je suis là, attends-moi.

Here I am

In carnets, soniques on 3 février 2012 at 22:48

 

Tout sera rangé

dans

ces petites boîtes

 

Tu pourras les prendre

ou

les laisser

 

Elles s’éparpilleront

en

nos mémoires

 

Incertaines.

Gently rocking

In carnets, Nocturnes, soniques on 31 janvier 2012 at 00:22

 

 

Il avait roulé longtemps

l’oeil rivé sur

la route dérobée

par la nuit

 

De temps en temps

jaillissait

de l’autre côté

des lumières

 

Il se crispait

et pour oublier

regardait les bandes

phosphorescentes

 

Il avait roulé longtemps

vers l’autre côté

bercé par le chant

du silence

 

Enfin là-bas

la fin de la route

la lanterne comme

la pleine lune

 

L’univers,

gently rocking

sur les cuivres

cotonneux